Dans son rapport de décembre 2020, l’INSERM met en lumière les manques observés concernant l’efficacité et la sécurité de la sophrologie (pour lire le rapport)

Catherine Aliotta, la Présidente de la Chambre, auditionnée par l’INSERM, livre son constat sur l’état de la sophrologie et sur les contenus du rapport.

NOTE AUX LECTEURS : le texte ci-dessous n’a pas la volonté de stigmatiser la Sophrologie caycedienne ou les sophrologues caycediens, qui eux aussi, peuvent utiliser la sophrologie à des fins thérapeutiques (voir droit de réponse de Sofrocay en bas de page).
Par ces propos, Catherine ALIOTTA a souhaité replacer le contexte actuel de l’usage de la Sophrologie en France. En effet, il eut été préférable pour la Sophrologie et TOUS les sophrologues que ce rapport s’intéresse uniquement à son usage thérapeutique.
C’est pour cette reconnaissance que Catherine ALIOTTA milite auprès des autorités de santé.

Extrait du rapport de l’INSERM (page 154) – 31/12/2020 :


« Je tiens tout d’abord à remercier les auteurs de ce rapport ainsi que les deux experts intervenants, les Professeurs Daniel Annequin et Julien Nizard. Je remercie également les autorités de Santé qui ont diligenté cette étude de l’INSERM.

Ce rapport présente une analyse relativement objective de la sophrologie, même s’il ne distingue pas assez les différences entre la « Sophrologie Caycedienne » qui se définie comme un accompagnement à visée philosophique et la « Sophrologie des origines » qui se voulait résolument thérapeutique.

Aujourd’hui, 80 % des sophrologues se forment et utilisent la « Sophrologie des origines », puisque c’est ce que le public, et donc leurs clients, recherchent. Ils aspirent avant tout à une amélioration de leur état émotionnel ou physique. Limité le champ d’intervention du sophrologue à un accompagnement à visée philosophique n’est donc pas la réalité du terrain et ne reflète pas la demande actuelle du public. Cela réduit également l’usage de la sophrologie.

1/ Sur les études

Il est clair que le nombre d’études est très insuffisant. Notre profession a manqué d’ambition, de connaissance et surtout de moyens pour engager des études dignes de ce nom afin d’apporter les réponses que les usagers et les pouvoirs publics sont en droit d’attendre.

C’était la vocation de l’Observatoire National de la Sophrologie lorsque je l’ai fondé en 2008, mais, les dissensions au sein de notre profession n’ont pas permis d’atteindre ces objectifs. Le présent rapport et les récents travaux de la commission de normalisation Afnor à laquelle toutes les organisations ont participé devraient maintenant permettre de relancer ce projet.

La Chambre Syndicale de la Sophrologie est prête à s’engager en ce sens et à mobiliser tous les représentants de la profession, ainsi que les moyens humains et financiers pour organiser des études.

2/ Sur le cadre légal et réglementaire

Il parait évident qu’un cadre légal et réglementaire devient nécessaire dès lors qu’une technique devient très utilisée ou qu’elle présente des risques pour les usagers. C’est pourquoi, la Chambre Syndicale de la Sophrologie a pris l’initiative de contacter l’Afnor, dès 2016, pour travailler à l’élaboration d’une norme sur la qualité de service du sophrologue. Cette démarche a permis de créer une commission de normalisation à laquelle les principales organisations de la profession ont participé, même si pour la majorité d’entre elles, ce travail ne semblait pas nécessaire.

Le premier texte normatif a ainsi été rédigé en décembre 2020 et devrait devenir effectif fin 2021, après que le déroulé du processus normatif obligatoire soit terminé (enquête publique, etc.).

Cette norme, une fois promulguée sera certes d’application volontaire, mais elle sera un premier pas dans l’encadrement et l’harmonisation des pratiques des sophrologues. La Chambre Syndicale de la Sophrologie préconise d’évaluer ses effets sur les pratiques des professionnels pendant ses cinq premières années de validité, avant qu’elle ne devienne une base législative ou réglementaire.

3/ La formation

La formation est un pilier majeur de la compétence professionnelle. C’est pourquoi dès 2011, j’ai écrit le référentiel du métier de sophrologue pour que l’Institut de Formation à la Sophrologie que j’ai fondé soit la première école de France à obtenir l’enregistrement de sa certification au RNCP. Même si à l’époque, la profession s’est indignée de cet enregistrement, car il dénaturait la sophrologie comme science du vécu, d’autres titres ont été enregistrés au RNCP depuis.

Ensuite, pour parler de formation, il faut au préalable parler de compétences et de connaissances à transmettre. En effet, la sophrologie étant plurielle, il convient de distinguer ce qui relève de la formation professionnelle et ce qui relève du développement personnel du sophrologue. Bien qu’il soit essentiel, le développement personnel du sophrologue relève d’une volonté personnelle intime, qui doit se dérouler en dehors d’un cursus de formation.

Cela présente l’avantage de sécuriser le parcours de l’apprenant en évitant que la formation devienne un lieu potentiel de dérive sectaire et il permet également de limiter l’enseignement des écoles aux compétences qu’elles sont capables d’évaluer objectivement.

Je prône donc une réflexion sur les compétences à transmettre en préalable à la définition d’une durée, d’un nombre d’heures ou d’une modalité d’enseignement (formation en présentiel ou en distanciel).

C’est pourquoi, les structures que je préside (Chambre syndicale et Institut de formation) ne reconnaissent pas les critères des Etats généraux de la formation en sophrologie, car ils n’ont jamais abordé le débat des compétences et seuls des critères temporels ont été définis.

Maintenant, le projet de la norme a permis ce type de dialogue et je pense qu’un débat serein peut maintenant être mené. Je proposerai donc à tous les acteurs de la profession de se réunir sur ce sujet.

Conclusion

Ce rapport de l’INSERM reflète bien l’état de la sophrologie d’aujourd’hui. Il témoigne du chemin déjà parcouru par notre profession, mais aussi de toutes les questions auxquelles nous n’avons pas encore répondu.

La Chambre Syndicale de la Sophrologie soutiendra toutes les initiatives privées ou publiques qui permettront d’avancer en ce sens, afin de donner sa juste place à la sophrologie qui, j’en suis certaine, peut rendre un grand service aux usagers avec un coût limité et un risque quasi nul.

Catherine ALIOTTA
Présidente de la Chambre Syndicale de la Sophrologie »



Droit de réponse de Sofrocay, Institut International de Sophrologie Caycédienne- 18/02/2021

« Dans les diverses éditions du code de déontologie de la Sophrologie Caycédienne, dont celle de 2005, le Prof Caycedo distingue entre Sophrologie Clinique Caycédienne et Sophrologie Socio-prophylactique Caycédienne. Si nous parlons de Sophrologie Caycédienne et de ses champs d’application, ni le Prof Caycedo ni le Dr Natalia Caycedo n’ont jamais défini la Sophrologie Caycédienne comme “ un accompagnement à visée philosophique”. 

Tous les sophrologues caycediens se forment d’abord au premier cycle de la méthode, sur lequel se basent d’autres courants de la sophrologie, c’est à dire, et pour reprendre les termes de Mme Aliotta, à la   “sophrologie des origines qui se vaudrait résolument thérapeutique”.

Ensuite certains d’entre eux décident d’exercer le métier de sophrologue et de ne pas poursuivre la formation aux cycles supérieurs de la Sophrologie Caycédienne et ne deviennent donc pas sophrologues caycediens, et d’autres décident de le faire que ce soit en parallèle à leur exercice professionnel ou avant de s’installer. Ces cycles supérieurs ne sont pas non plus à visée philosophique et ont un but de développement professionnel. 

Préciser aussi que nous avons préféré, tel que nous le signalons dans notre réponse au rapport, l’utilisation du terme  « accompagnement » au terme « thérapie », exclusivement pour des raisons légales, la sophrologie  (Caycédienne ou non) n’étant pas une profession de la santé »